Istanbul, la rencontre entre l'Est et l'Ouest...

Première partie - Samedi & dimanche
Deuxième partie - Lundi à mercredi

Depuis sa création, Istanbul suscite les convoitises de tous et chacun. C'est en 657 avant Jésus-Christ que le Grec Byzas fonde une ville qui porte son nom, Byzance. La ville se développe tant bien que mal jusqu'en 330 lorsque l'empereur romain Constantin, décide d'en faire sa nouvelle capitale, en remplacement de Rome. Konstantinopolis (ou Constantinople) devient alors le centre de l'Empire romain. Il développera la ville en essayant d'en faire une copie de Rome, comme par exemple l'hippodrome qui est une réplique du Circus Maximus de Rome.

Jusqu'en 1204, la ville repousse toutes les attaques des barbares (Bulgares, Arabes, Huns,...). Les croisés latins réussissent en effet à prendre le contrôle de ville et le garderont pendant environ cinquante ans. C'est en 1453 que les Turcs s'emparent de la ville et ils y sont depuis. La ville prend alors le nom d'Istanbul et devient une des grandes villes de l'Empire ottoman. C'est un peu un retour aux sources puisque la ville se développe en empruntant beaucoup aux traditions byzantines telles que l'architecture à coupoles. La tolérance religieuse fait partie de la vie quotidienne et plusieurs minorités s'installent de l'autre côté de la corne d'or, dans ce qu'on appelle le Pera. Les sultans régneront pendant plusieurs siècles. À la suite des grands changements des années 1920, Ankara devient la capitale de la Turquie. 

Istanbul est une ville immense. Faisant environ 365 km2 (à titre de comparaison, le Liechtenstein fait 160km2 et St-Marin 61km2), elle compte plus de 12 millions d'habitants. Elle est située en partie en Europe et en partie en Asie. Partout dans la ville, on peut voir le mélange des cultures et des civilisations.

La Turquie est un pays qui fait 780 000 km2, soit environ une fois et demie la taille de la France. Environ 97% du territoire est situé en Asie et le reste en Europe. Ce n'est pas un pays très riche économiquement, malgré ses nombreuses ressources. C'est un des rares pays qui produit assez de nourriture pour sa population sans devoir en importer en grandes quantités. C'est le seul pays à majorité musulmane où l'Islam n'est pas religion d'État.


Passez la souris au-dessus des cercles pour
connaître le nom du site associé.

Aucun vaccin n'est exigé mais mieux vaut penser à un rappel tétanos. La devise utilisée dans le pays est la lire turque. En raison de sa faiblesse, il n'y a plus de division de celle-ci. Suite à une crise financière, la lire turque a beaucoup été dévaluée. C'est d'ailleurs bien amusant puisqu'il ne faut pas beaucoup de devises étrangères pour être millionnaire ou milliardaire. À titre indicatif, 1$ canadien vaut environ 730 000 lires, 1$ américain 1,1 million et 1 euro 970 000. Les devises fortes ($US, devises européennes) sont appréciées, plus que la lire turque. À Istanbul, trouver un guichet automatique est rarement un problème, la ville en comptant de nombreux.

Côté vestimentaire, un chapeau sera fort utile entre mai et septembre. Les femmes devraient également prévoir un foulard qui pourrait être exigé à l'entrée de certaines mosquées. L'eau est potable et propre mais mieux vaut l'acheter en bouteille. Certaines personnes peuvent également être malade après avoir consommé des fruits ou légumes crus. 

En Turquie, on parle le turc (néo-turc). En 1928, l'alphabet ottoman a été abandonné au profit d'un alphabet latin de 27 lettres. C'est donc facilement lisible mais pas compréhensible pour un étranger. La langue compte de nombreux mots issus de l'arabe et du persan ainsi que des emprunts au français et à l'anglais. Les prises électriques fonctionnent à 220 V, compatibles avec les prises d'Europe occidentale. Le décalage horaire est GMT + 2. 


Samedi


Encore une fois, l'avion au départ de l'aéroport Charles-de-Gaulle à Paris a du retard. Et encore une fois, c'est la faute de tout le monde sauf Air France. Toujours est-il que nous arrivons à Istanbul avec environ deux heures de retard après un vol d'environ trois heures. 

Malgré ce qui était écrit dans tous les guides et brochures publicitaires et malgré une confirmation par l'ambassade turque à Paris, il fallait un visa pour les Canadiens pour entrer en Turquie (aucun pour les Français). Une fois au bureau des douanes, le douanier m'informe que je dois aller à un autre bureau pour acheter le visa. Et ce n'est pas donné, 45$ américains ou 54 millions de lires turques. Et comme il est impossible de payer par carte de crédit, il faut rapidement trouver un guichet automatique puisque nous n'avons pas assez d'argent liquide sur nous. Les guichets automatiques se trouvent de l'autre côté des contrôles, là où les amis attendent en général lorsqu'on arrive à l'aéroport. Nous retirons alors 100 millions de lires et revenons à l'intérieur où le douanier a gardé mon passeport pour s'assurer que je reviendrais bien payer le visa. L'aéroport d'Istanbul est moderne et propre et il n'est pas très loin de la ville. 

Minaret Dès la sortie de l'aéroport, le beau soleil et la chaleur contrastent avec la grisaille et la froideur parisienne si persistantes depuis plusieurs mois. Nous arrivons environ 30 minutes plus tard à l'hôtel Aziyadé où nous passerons nos vacances. C'est un très bel hôtel, bien entretenu situé idéalement dans le quartier Sultanahmet, près des grandes mosquées et du grand bazar. Nous avions décidé de faire deux excursions organisées et de passer deux jours libres. Le type de Pacha Tours, qui organise les excursions, préfère être payé en dollars, en francs, en chèques de voyage plutôt qu'en lires turques. Il prend même les 50 francs que nous avions plutôt que son équivalent en lires. Chaque journée d'expédition coûtait 38 euros (50$CAD - 40$USD - 36 millions de lires). Après avoir déposé les valises, nous partons marcher dans le quartier.

Tout d'abord, ce qu'on remarque, ce sont les trottoirs pour le moins irréguliers. Ils sont parfois plats, rouges, gris, avec des marches plus ou moins hautes, larges ou étroits et tout cela sur quelques mètres seulement. Ensuite on s'aperçoit rapidement que les rues sont abruptes et qu'on monte ou redescend souvent. Les immeubles sont en général mal entretenus ou abandonnés. Certaines rues du quartier (où on trouve plusieurs artisans) sont sales et jonchées de détritus. Par contre, les voitures sont grosses et de modèles récents. On ne voit pas de vieux tacots des années 1970. 

Sur la rue Divanyolu, près de la colonne de Constantin, il y a un type qui s'approche de nous, souriant. Il nous demande d'où on vient, combien de temps nous restons à Istanbul, si nous aimons ça, etc... Très gentil. Il nous invite même à venir prendre le thé chez lui, pas loin. Comme dans les guides c'est écrit que les Turcs sont gentils, nous acceptons. Il n'est pas chanceux car il semble vivre dans un magasin de tapis... Après nous avoir posé quelques questions, il s'en va, nous laissant avec son cousin et une jeune fille qui a l'air de s'ennuyer. Celui-ci nous parle de tapis, de leur confection, des spécialités régionales, des différentes sortes pour finalement nous demander quels modèles et quelles couleurs nous préférons. Nous pensions peut-être acheter un tapis s'il n'était pas trop cher. Il nous donne plusieurs prix pour plusieurs sortes de tapis. Nous en trouvons un qui nous plaît mais il nous demande Tapis turc 465$USD si on paye par carte de crédit ou 450$ si on paye comptant. Comme c'est beaucoup trop, on continue de l'écouter nous dire qu'il aime les tapis, qu'ils sont toute sa vie. Puis le prix passe à 400$. Comme nous ne semblons pas trop intéressés et que nous trouvons cela beaucoup trop cher, il descend jusqu'à 350$, son "prix coûtant". Il ne demande ensuite combien nous voulons payer pour un tapis "qui nous servira toute notre vie". Après quelques minutes et encore du blabla sur son cousin au Canada et son oncle en France, nous disons 200$. Puis le père du vendeur arrive, nous disant que son prix coûtant était 240$USD, qu'il ne pouvait pas descendre. Mais à ce prix, nous ne sommes pas intéressés et nous lui disons que nous voulons réfléchir, que nous repasserons plus tard si nous souhaitons l'acheter. Il me sort ensuite une histoire sur le premier client du jour (il est quand même presque 19h) qui porte chance s'il achète. Nous nous levons ensuite pour partir et le prix descend à 200$ puis 175$. Ce prix n'est bon que maintenant, même si on sortait et qu'on revenait dans 10 minutes, le prix ne serait plus bon, ni peut-être le tapis d'ailleurs qui serait certainement vendu d'ici là. Ne cédant pas, nous disons que nous voulons partir. Le père dit alors "125$ (190$CAD - 145 euros) parce que c'est vous et que vous êtes Canadiens. Je ne ferais pas ce prix à un Anglais ou à un Américain". Finalement, nous avons trouvé que ce prix était raisonnable en comparaison des prix de France et nous avons acheté le tapis, un kilim supposé fabriqué au mont Ararat qui fait environ 2 m par 1,50 m.

Il existe plusieurs types de tapis turcs. Tout d'abord des tapis noués ou des tapis tissés à plat (kilims). Ils sont fabriqués depuis des centaines d'années dans le pays. Certains motifs reproduits sur les tapis ont une signification particulière. Ils protègent du mal, apportent le bonheur, représentent des animaux, des objets. Tout au long du séjour, nous serons constamment appelés par des rabatteurs, des personnes payées pour amener des clients dans la boutique. Tous se disent passionnés par les tapis et se proposent de raconter l'histoire des tapis.

Nous repartons avec notre tapis, qui une fois plié, ne fait pas plus 40 cm par 40 cm et ne pèse guère plus de 2 kilos. Nous repassons devant la colonne de Constantin. Haute de 35 mètres, elle fut élevée en 330 pour l'inauguration de Constantinople, la nouvelle Rome. Lors de sa mise en place, une statue de Constantin trônait au sommet. À l'époque c'était peut-être très beau, mais aujourd'hui ce n'est pas terrible. Son état de conservation ne rend certainement pas ce qu'elle représentait jadis. La légende raconte que Constantin aurait mis plusieurs objets dans son socle dont la cognée qui servit à Noé pour construire son arche.

Tout près de la colonne, il y a deux mosquées dont une qui contient le mausolée du sultan Mahmut II. À moins de s'intéresser de près à l'histoire des sultans, cette visite n'est pas très intéressante. Les stèles qui se trouvent dans le cimetière sont plus intrigantes. Elles sont de formes inhabituelles pour un Occidental. 

Nous continuons en direction de l'hippodrome (plutôt ce qu'il en reste), non sans être interpellé par au moins cinq ou six vendeurs de tapis, tous plus charmeurs les uns que les autres. Même si on leur répète que l'on a déjà acheté un tapis, rien n'y fait, ils ont réponse à tout. Même chose pour les restaurateurs qui tiennent à nous montrer la carte de leur restaurant afin de se faire une idée des prix. En même temps, des gens sans intérêt pécuniaire nous remercient et nous félicitent d'avoir acheté un tapis turc. Ils nous demande si on aime la ville, combien de temps on y reste, etc. Vendeur de simits

Dans le coin, il y a plusieurs mosquées. La Turquie en compte environ 75 000 dont 2 500 à Istanbul. Les mosquées étaient construites avec des minarets à partir desquels tout le peuple devait entendre les nombreux appels à la prière, un peu comme les cloches de l'église catholique. Nous continuons à marcher en descendant vers le détroit du Bosphore. C'est marrant, il y a plein de vendeurs de télévision. Mais vraiment beaucoup. À tout moment, on en voit au moins un et jusqu'à quatre. Et la compétition ne semble pas les monter les uns contre les autres puisque l'on voit plusieurs commerçants de télévision prendre le thé ensemble puis rentrer dans leur boutique. Ici, il y a plusieurs immeubles en bois qui ne sont pas en trop bon état. C'est dommage car l'architecture est belle mais les vitres cassées et les trous dans le murs ne la mette pas en valeur. Ni les détritus partout par terre dans les rues. Il est maintenant plus de 20h30 et il fait noir mais les gens (en majorité écrasante des hommes) sont toujours dans la rue à discuter et à jouer aux cartes.

Les trottoirs dans ce coin du quartier ne sont pas mieux que près de l'hôtel. C'est un peu n'importe quoi, juste pour dire qu'il y a des trottoirs. De plus il y a souvent des commerces au sous-sol des immeubles et les escaliers qui y mènent ne sont pas entourés d'une rampe ou d'un muret. Il y a donc de gros trous dans les trottoirs et mieux vaut être vigilant afin de ne pas chuter.

Sur les trottoirs, il y a plusieurs vendeurs de produits en vrac. On y trouve des pistaches, des épices ou des abricots séchés. Sur le chemin pour rentrer à l'hôtel il y a un vendeur de parfum (Channel, Boss, CK) qui nous a suivis sur plusieurs dizaines de mètres avant d'être interpellé par des policiers. Il ne faut pas acheter du parfum à ces types car le produit à l'intérieur peut souvent être dangereux si on l'utilise.

Retour à l'hôtel, après environ trois heures de marche. Les premières impressions sont bonnes. Bien meilleures que ce que l'on pensait.

Dimanche


Aujourd'hui, nous avons pris l'excursion "Classique" proposée par Pacha Tours. La journée commence par une visite du palais de Topkapi (7 millions - 9,50$CAD - 7,30€uros). C'était à l'origine la résidence des sultans ottomans. C'est aujourd'hui le plus important musée de Turquie. Il compte plusieurs bâtiments et l'ensemble est vaste mais les immeubles ne sont pas hauts. Pour y accéder, il faut d'abord passer par un beau parc boisé. Ensuite il y a 3 cours. Dans la première, il y a le harem, dont l'entrée est en supplément (4 millions - 5,50$CAD - 4,20€). C'est là qu'habitait la famille du sultan, c'est à dire sa mère (la plus puissante femme du pays, appelée Valide Sultane), ses 4 épouses préférées et de très nombreuses prétendantes, qui étaient en fait des esclaves qui rêvaient de devenir une favorite du sultan. Y vivaient également ses enfants. Tout ce beau monde (en moyenne entre 600 et 1000 personnes) luttait les uns contre les autres pour essayer d'accéder au titre de sultan ou de préférée. Le sultan et ses fils étaient les seuls hommes autorisés à y entrer. Une partie du harem, nommée la Cage, servait à emprisonner à vie les frères du souverain afin que ceux-ci ne tentent pas de le remplacer.

Une des salles du harem. Les murs sont recouverts de carrelages colorés.

Le harem est un véritable labyrinthe, composé de centaines de salles (400!) et de nombreux couloirs. La visite guidée, qui dure environ 30 minutes et très instructive. On y apprend des détails intéressants sur la vie des habitants. Malheureusement, en une demi-heure, on n'a le temps que de visiter une petite vingtaine de salles. À défaut d'être libres, les habitants jouissaient d'un cadre de vie très agréable (les personnes les plus importantes à tout le moins). Murs recouverts de carrelages colorés, salle de bain aux robinets dorés, vue sur la mer, piscine... Ce n'est pas le grand luxe de Versailles, mais c'était quand même pas trop mal. Par contre, en plus de ne pas pouvoir sortir, les conditions de vie n'étaient pas terribles. Les filles étaient souvent plusieurs par chambre et au final peu s'élevaient au rang de favorite et encore moins au rang de femme légitime du sultan. Toutes rêvaient en effet de mettre au monde le futur sultan afin de devenir la Valide Sultane et ainsi de mener la belle vie et de diriger le harem.

Près du harem, dans la deuxième cours, il y a la salle du divan. C'est là que se réunissaient les vizirs du conseil impérial afin de discuter des lois. Dans cette salle, il y a une petite fenêtre protégée par des barreaux. C'est là que s'installait le sultan. Il y avait également un rideau qu'il ouvrait lorsqu'il voulait signifier aux vizirs qu'il était là. S'il voulait seulement les écouter, il laissait le rideau fermé. Les sultans étaient des gens assez paranoïaques. Les sultans vivaient donc dans la crainte constante qu'on complotait contre eux et qu'on essayait de les tuer. Des craintes assez justifiées quand on sait que très peu de sultans sont morts naturellement de vieillesse, la grande majorité ayant vu leur règne se terminer dans le sang.

Toujours dans la deuxième cours, du côté opposé au harem, se trouvent les cuisines. On peut y voir une exposition de céramique, verrerie et argenterie provenant d'Europe et d'Asie. La collection, en particulier la chinoise, est importante. On peut y admirer de nombreuses pièces. Nous avons quand même préféré l'architecture des cuisines aux pièces exposées, n'étant pas amateurs de ce type d'objets. Dans les cuisines, il y a eu jusqu'à 500 employés. Il en faut des gens pour nourrir les 5 000 personnes qui résidaient au palais. Seule la cuisine du sultan, toujours aussi paranoïaque, n'y était pas préparée. Près de la salle du divan, il y a aussi une salle dédiée aux armes et armures ottomanes.

Dans la troisième cours, après avoir passé la porte de la Félicité, il y a plusieurs petits musées qui sont un peu décevants. Pour le plus grand musée du pays, on pourrait s'attendre à plus. On peut quand même visiter l'exposition des costumes impériaux, ceux portés par les sultans, la tradition voulant qu'à leur mort leurs habits soient conservés dans des sacs scellés. On peut donc voir comment ils étaient habillés. Malheureusement les mises en scène des vêtements ne les mettent pas en valeur. À côté de cette exposition, se trouve la salle du trésor. C'est paraît-il cette section à elle seule qui vaut la visite. Malheureusement lorsque nous y étions, il y a des travaux et impossible de visiter. La collection est dite magnifique. Les biens des sultans et des vizirs appartenant à l'État, ils étaient gardés au palais à la mort de ceux-ci. Pendant la visite, il y a quelques groupes d'enfants et comme en Égypte, ils sont très gentils, disent bonjour, serrent la main, disent "passez un bon séjour en Turquie".

Les prières sont précédées par des ablutions rituelles. Il y a toujours une fontaine près des mosquées afin de permettre aux fidèles de se laver la tête, les mains et les pieds avant d'entrer.

D'autres salles, toujours dans la troisième cours sont également intéressantes. C'est le cas de la salle des portraits des sultans. Malgré l'interdit, les sultans se faisaient peindre sur toile et ce précieux témoignage nous montre à quoi ils ressemblaient. Dans une autre salle, il y a aussi une importante collection de miniatures et manuscrits. Il y a aussi une partie plus religieuse, consacrée à Mahomet, le fondateur de la religion musulmane. On y trouve des reliques parmi les plus vénérées de l'Islam. En particulier le manteau du prophète, des poils de sa barbe et une lettre écrite de sa main.

Finalement, la quatrième cours est surtout intéressante pour la vue magnifique qu'on y a sur le Bosphore et la Corne d'Or. C'est également là que se trouve les toilettes, le restaurant et la boutique cadeaux.

Deux heures plus tard, nous quittons le palais pour l'hippodrome. Long de 400 mètres et large de 150. Des courses y avaient lieu deux ou trois fois par mois. C'était aussi l'occasion pour les gens de manifester contre les décisions prises par les politiciens. C'est d'ailleurs au cours d'une de ces manifestations qu'une des trois colonnes présentes sur le site fut sérieusement endommagée. On trouve trois monuments dans le parc. Il y a l'obélisque de Théodose, exécuté vers 1500 av. J.-C. et qui provient du temple de Karnak en Egypte. Il est brisé et les historiens estiment qu'il manque environ 10 mètres à sa hauteur originale. Le socle sur lequel il repose est intéressant, on peut y voir l'empereur Théodose 1er dans plusieurs situations. À côté, brisée, presque disparue, il y a la colonne Serpentine, qui provient du temple d'Apollon de Delphes. Elle était à l'origine couronnée de trois têtes de serpent. Il en reste une, gardée au musée archéologique de la ville. Le troisième monument est la colonne de Constantin Porphyrogénète. Cet empereur la fit rénover et couvrir de bronze doré au Xe siècle. Un des plus sanglants événements de l'histoire de la ville débuta à l'hippodrome. En 532, suite à une dispute entre équipes rivales de courses de char, une véritable rébellion qui a détruit une bonne partie de la ville eut lieu. Pour y mettre fin, l'armée massacra plus de 30 000 personnes.

La mosquée bleue doit son nom au fait que la couleur bleue soit dominante à l'intérieur. Elle compte six minarets.

Là où étaient auparavant une partie des gradins, se trouve aujourd'hui la célèbre mosquée Bleue. Elle doit son nom aux carreaux à forte dominance bleus qui décorent l'intérieur. C'est un des monuments religieux les plus célèbres du monde. Il rivalise avec La Mecque en terme de taille et de beauté. Avant d'entrer, il y a plusieurs robinets avec des petits bancs qui permettent aux croyants d'effectuer les ablutions rituelles avant d'entrer. Ils doivent en effet se laver la tête, les mains et les pieds. Pour entrer, pas de problème aujourd'hui pour les femmes aux cheveux non couverts. Par contre les shorts trop courts en sont pas admis. Il faut mettre un genre de jupe qui couvre les jambes. Et comme dans toutes les mosquées, il faut se déchausser pour ne pas salir les tapis qui recouvre tout le sol. À l'intérieur, il y a des gens qui prient avec les hommes au centre et les femmes à l'arrière et sur les côtés. L'intérieur est très beau, les murs et plafonds étant recouverts de carreaux colorés. C'est impressionnant parce que c'est vraiment immense. C'est un investissement qui parait impossible aujourd'hui. Et malgré ses 400 ans, les décorations sont bien conservées.
 

Le musée/mosquée Ste-Sophie est un fantastique exemple d'architecture byzantine.

Après de courtes explications du guide, nous ressortons par une autre porte en direction du musée de Ste-Sophie. Comme ce n'est plus une mosquée, l'entrée est payante. Mais pour 7 millions (9,50$CAD - 7,30€), on en a pour son argent. Candidate à l'élection des 7 nouvelles merveilles du monde, Ste-Sophie est un bijou d'architecture byzantine depuis plus de 1400 ans. La plus haute mosquée de la ville (56 mètres) fut inaugurée en 537 sur le site de deux anciennes églises. On peut d'ailleurs voir des vestiges de la deuxième église à gauche de l'entrée. Les Ottomans l'ont transformée en mosquée au XVe siècle. C'est à ce moment que ses minarets, fontaines et mausolées furent ajoutés. Et comme si l'extérieur n'était pas assez impressionnant, l'intérieur l'est encore plus. Les plafonds, dont celui de la gigantesque coupole, sont recouverts de mosaïques. Lors de la conversion de l'église en mosquée, ces mosaïques furent recouvertes, puisque non permises dans la religion musulmane. Cela a permis de les conserver dans un état près de la perfection. C'est un endroit unique puisqu'à côté des mosaïques chrétiennes, de grands insignes circulaires aux noms de grands pontes de l'Islam. Lorsque c'était une église catholique, les non baptisés ne pouvaient pas utiliser la porte principale et devaient utiliser une porte sur le côté. 

Atatürk
(1881 - 1938)

De son vrai nom Atatürk, le père des Turcs Mustafa Kemal, il est le fondateur et premier président de la république de Turquie, il est un véritable héros aux yeux des Turques.

Promu général en 1917, il est à la tête d'un mouvement nationaliste opposé aux exigences de l'Entente (1919), après plusieurs victoires militaires qui donnent à la Turquie des frontières reconnues internationalement.

Il met fin au règne des sultans et devient président de la nouvelle république en 1923, poste qu'il occupera jusqu'en 1938. Il a mis en place de nombreuses réformes afin d'occidentaliser son pays. Parmi celles-ci, l'adoption de l'alphabet latin, la laïcisation des institutions ou l'adoption du chapeau occidental au lieu du fez.

Parmi ses autres réalisations, notons l'adoption d'un code civil (calqué sur le suisse), le droit de vote aux femmes (bien avant plusieurs pays occidentaux) et l'adoption d'une loi donnant un nom de famille à chaque Turc. Son nom de famille, Atatürk, lui a été donné par tous. Il signifie "Père des Turcs".

Pour plus d'informations sur Atatürk (en anglais) : www.ataturk.com 

Le midi, le repas étant inclus dans le forfait, nous sommes allés manger dans un petit restaurant nul. La nourriture n'était pas mal mais les nappes et les murs étaient sales. Les conditions de préparation de la nourriture ne devaient pas être géniales si les murs étaient aussi tachés. Pacha Tours n'ont pas dû payer trop cher pour ce repas... Dans le groupe il y avait quelques personnes amusantes comme cette dame qui disait qu'elle ne reviendrait plus en Turquie, tant "qu'ils auraient des millions pour payer". Tant pis pour la culture et l'histoire du pays, tant pis pour la population pour qui l'argent du tourisme est si important, elle n'aime pas payer 400 000 lires pour une bouteille d'eau. Le plus gros problème avec les billets turcs c'est qu'ils se ressemblent un peu. Surtout les billets de 1 million et de 10 millions. Il faut faire gaffe et éviter de donner les billets trop rapidement. Les marchands ambulants de cartes postales sont très rapides à accepter les billets de banque. On peut donc facilement payer 10 millions au lieu de 1 million pour 12 cartes postales. À titre indicatif, une bouteille d'eau de 1,5L se vend environ 400 000 (mai 2001).

Ensuite, nous partons en bus pour visiter la mosquée de Soliman le Magnifique, qui vécu à l'époque de François 1er de France. C'est encore une fois une très belle mosquée. Elle est bien conservée et surtout bien entretenue puisqu'elle sert toujours. Istanbul étant bâtie sur une zone sensible aux tremblements de terre, l'architecte de cette mosquée avait prévu de drôles de fondations composées de bois, bouses et roches, et ce jusqu'à 25 mètres de profondeur. Il avait également accroché des oeufs d'autruche aux système d'éclairage afin d'éloigner les insectes, ces oeufs ayant cette caractéristique.

En Turquie, le jour férié est le dimanche et non pas le vendredi comme dans les autres pays musulmans. Et comme aujourd'hui c'est dimanche, le grand bazar est fermé alors qu'une visite de celui-ci était prévu au programme. Le guide nous a dit que cette visite était remplacée, et je cite, par "une visite d'un atelier de production de cuirs". Nous nous attendions donc à visiter vraiment un atelier de cuir. Il s'agit en fait d'un magasin, qui ne produit rien d'autre que des vendeurs trop insistants. Après un défilé de mode de la maison où l'on pouvait voir des manteaux vendus et fabriqués (c'est ce qu'ils disent) par eux (Naturel), le groupe est invité à se rendre à l'étage supérieur pour voir des centaines de manteaux à vendre. Les manteaux ne sont peut-être pas très chers mais c'est quand même lamentable de nous emmener là, pendant au moins 1h30 alors qu'il fait beau soleil dehors et qu'on devrait en profiter pour visiter la ville et pas les boutiques (ils étaient généreux sur les boissons fortement alcoolisées, histoire de rendre les clients joyeux). Encore une fois, grosse déception Pacha Tours.

La mosquée de Soliman le Magnifique domine toute la ville. Ses quatre minarets sont visible de très loin.

Après une dizaine de minutes d'observation des vendeurs qui mettaient carrément (sans exagérer) le manteau sur le dos des personnes âgées, nous sommes partis, abandonnant le groupe à son triste sort. Nous avons marché en longeant la mer de Marmara puis le Bosphore jusqu'au palais de Topkapi. Tout le long de la mer, il y a un parc dont la largeur varie mais qui permet de marcher tranquille à l'abri des voitures. Ce parc suit non seulement la mer mais également les anciens remparts de la ville. Attention toutefois car il n'y a pas beaucoup d'endroits où l'on peut franchir les remparts et regagner la ville. À un endroit, il y a un marché de poissons. On y trouve quelques restaurants avec une vue fantastique sur la mer. On y mange vraiment à quelques mètres de l'eau. Tout le long du trottoir qui longe la mer, il y a des types qui proposent de tirer à la carabine sur diverses cibles situées près de la mer. Il y a également plusieurs vendeurs de fruits séchés et de simits. Il y a également un énorme bateau échoué et incliné qui repose sur les rochers. Et comme il semble rouillé, il doit être à cet endroit depuis longtemps. Il y a également plusieurs pêcheurs et la pêche semble bonne. Encore une fois, il n'y a pas beaucoup de femmes. Ce sont majoritairement des hommes. Les berges ne sont pas très propres et il y a plusieurs déchets sur les pelouses.

Un bateau couché sur le quai qui semble y être depuis longtemps.

Arrivé près du Bosphore, on s'aperçoit que le courant est fort. Il n'est pas vraiment possible de se baigner à cet endroit. Après environ 4 ou 5 kilomètres, nous arrivons dans un parc à côté du palais de Topkapi. Encore une fois ici, il y a des types qui proposent de tirer à la carabine. Sauf qu'ici c'est encore plus dangereux puisque derrière les cibles il n'y a souvent qu'un drap ou rien du tout. Il y a également des animaux dont un paon et des chameaux.

Le soir nous sommes allés manger dans un restaurant avec danseurs et c'était très bien. En s'y rendant, il y a toujours encore et encore des gens qui font les gentils dans l'espoir de vous faire entrer dans leur boutique de tapis.

Suite du récit - Lundi à mercredi

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Dernière mise à jour : 30 avril 2004 18:11