Tallinn, ville en mutation.

Départ d'Helsinki jeudi matin par traversier pour aller passer une journée à Tallinn pour visiter la capitale estonienne. La traversée prend 1h30 lorsqu'il n'y a pas de glace dans le golfe de Finlande. Sinon, ça peut prendre jusqu'à 4h, même si Tallinn n'est qu'à 80 Km au sud d'Helsinki, car il faut prendre un gros traversier. Donc, départ à 8h, arrivée à 9h30 via la compagnie LindaLine. L'Estonie est un pays qui a appartenu à l'Union Soviétique (URSS) jusqu'en 1991, année où elle a obtenu son indépendance. Durant cette période de domination, plusieurs Russes sont déménagés dans la région car plusieurs usines y avaient été bâties. La ville compte aujourd'hui encore une forte population russe, plusieurs ayant décidé de rester.

Vendredi


Murs de TallinnComme les deux jours précédents, le temps est assez moche dans ce coin du globe. Au premier abord, la ville n'est pas très belle. Elle semble être une ville industrialisée avec de grandes cheminées et des vieilles usines abandonnées aux vitres brisées. En descendant du bateau, il faut passer les douanes, dont l'entrée fait penser à une grotte... Je dois me procurer un visa, au coût de 304 FIM (95$ CAD).

Après quelques minutes de marche, je suis arrivé dans la vieille ville qui est vraiment superbe. La ville est entourée d'un immense mur et de tours qui servaient à la défendre. Toute la ville semble en rénovation. Immeubles, rues et trottoirs sont tous en cure de rajeunissement. Il est vrai que plusieurs immeubles sont beaux, mais en mauvais état et ces rénovations s'imposaient. Une forte influence russe est visible dans l'architecture des immeubles de la ville.

Autre influence russe, les Ladas. Je n'en avais jamais vu une telle concentration en un seul endroit. Toutes les vieille voitures sont des Ladas ou des marques inconnues en Occident. Par contre les nouvelles voitures sont des Honda, Toyota ou General Motors.

La ville semble plus pauvre qu'Helsinki et plusieurs gens font la mendicité. La ville se divise en deux parties : la haute ville et la basse ville. Les rues sont très tortueuses et il n'est pas toujours évident de savoir par où l'on va. Près du très original hôtel de ville, se trouvent les bureaux d'Oracle en Estonie. Ils sont situés dans un petit immeuble de 2 étages, juste au-dessus d'une boutique de vêtements pour dames.

Tout comme à Helsinki, malgré les nombreuses visites de boutiques de souvenirs, il m'est impossible de trouver des petits globes de neige de Tallinn ou des aimants ou d'autres souvenirs nord-américains traditionnels. Dommage. Il n'y a que des trucs sculptés, des poupées russes, des poteries et autres objets d'art.
Suur Rannavärav, une des entrées de la vieille ville

Puis vers midi, le soleil commence à se montrer. Je suis maintenant dans la haute ville pour admirer la superbe cathédrale Alexandr Nevsky. Vraiment belle. J'adore ce genre d'architecture, dans la tradition russe avec ses nombreuses coupoles dorées. Pas tellement loin, il y a l'ambassade du Canada. Pas luxueux à l'extrême, mais belle bâtisse. Puis je continue à marcher, encore et toujours. Les rues sont recouvertes de pierres arrondies et la marche à pied n'est pas tellement confortable. Ce ne sont pas des pavés, mais bien des pierres rondes. Il y a quelques postes d'observation d'où on a une très belle vue sur la basse ville.

Un peu plus tard, je suis toujours dans la haute ville, à admirer la vue à partir d'un poste d'observation lorsqu'un Russe vient me voir et me demande si je veux un passeport soviétique ou d'autres trucs de l'ancienne URSS. Il me montre quelques trucs et je décide d'acheter une carte officielle de l'ancien parti communiste. Une vraie carte qui m'aurait permis d'être membre du "Parti" à l'époque de l'URSS. Pour 35 EEK (4,20$ CAD), ça me fera un beau souvenir. Le type voulait être payé en "US Dollars" si possible. Puis un de ses potes arrive vers nous. Il a quelques vieille pièces de monnaie à vendre. Une pièce de 2 kroons de la 1ère république estonienne (avant 1945) qu'il veut me vendre pour 30 $ USD. Il a également une pièce de l'ex-URSS qui célébrait le 100ème anniversaire de la naissance de Staline pour 50 EEK (6$ CAD). Alors je la prends. C'est ainsi que le patrimoine soviétique quitte le pays. Après que l'avoir payé, il essayait de me dire quelque chose, mais son anglais n'était pas très bon. Il voulait m'amener dans un endroit pour meHotel de ville montrer quelque chose. Je l'ai suivi jusque près d'une petite rue tortueuse où je lui ai dit que je n'allais pas là seul avec lui. Il me disait qu'il y avait un poste d'observation. Je lui ai répété que je n'allais pas là avec lui. Il est parti et je suis allé voir ce dont il me parlait. Ce n'était pas un piège, il y avait vraiment un poste d'observation. Mais on est jamais trop prudent...

La ville compte quelques musées, mais je n'en ai visité aucun. Tout étant en russe et en estonien, j'imagine que peu de textes seront traduits en anglais. C'est généralement assez ennuyeux de visiter un musée et de n'y rien comprendre.

Les prix sont relativement élevés. Le pays est rapidement passé à l'économie de marché et a adapté ses prix au niveau européen. La devise de l'Estonie est le kroon. Il se divise en sent (100 dans 1 kroon). Un (1) kroon vaut environ 12 cents canadiens. Ils ont des billets de 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100 et 500 (...) kroons. 1 billet de 1 kroon vaut donc 12 cents. Et une pièce de 5 Sent ne vaut donc que quelques centièmes de cents canadiens. 
L'influence occidentale est forte et la ville compte quelques boutiques Nike et Adidas et tous les jeunes portent d'ailleurs des vêtements de ces deux géants de l'habillement sportif.
Tout le reste de l'après-midi, je continue à marcher. Et le temps est redevenu très incertain. Quelques gouttes de pluie, puis quelques minutes de répit. L'architecture est vraiment belle. C'est tellement différent de tout ce que j'ai vu auparavant. C'est un peu semblable à Helsinki.

Petites ruelles et passagesJ'achète quelques pâtisseries locales dans une boulangerie russe. C'est la première fois de ce voyage que j'ai de la difficulté à me faire comprendre. Mais des clients traduisent en estonien (ou en russe?) pour moi et j'obtiens ce que je voulais. Parmi les pâtisseries, un genre de brioche avec une gelée jaune sur le dessus. Très sucré au début, le goût semble également s'acidifier après quelques secondes en bouche.
Commence par la suite la recherche de timbres. Mine de rien, rechercher un bureau de poste dans une ville inconnue peut représenter beaucoup de temps et d'organisation. À Tallinn, un gros bureau de poste est situé à proximité de la vieille ville. Je m'y rend donc. Comme beaucoup d'immeubles dans la ville, le bureau de poste est en rénovation. Il y a un type, sur les marches extérieures qui casse du ciment avec un marteau. Il ne porte ni gants ni lunettes de protection et les éclats de ciment atterrissent sur le trottoir où passent les piétons. Puis à l'intérieur, un type casse le béton du plancher avec un marteau-piqueur, toujours sans lunettes de protection. Et les piétons passent à moins de deux mètres de lui. Il n'y a même pas de ruban jaune pour empêcher les gens de passer trop près. Les règles élémentaires de sécurité ne semblent pas exister ici.

ToompeaIl y a beaucoup de drapeaux dans la ville et plusieurs souvenirs représentent le drapeau estonien. J'imagine qu'après avoir été oppressée pendant 50 ans, un fort sentiment nationaliste naît au sein d'une population.

Je crois avoir pris une quarantaine de photos durant la journée. Je le répète encore, mais j'ai vraiment aimé l'architecture de la ville.
Office de Tourisme

Puis c'est temps de repartir. Je passe devant les ruines d'immeubles présents avant les bombardements soviétiques de 1944. Les dommages causés par les guerres sont toujours impressionnants et navrants. Près du port, il y a un monument dédié aux trop nombreuses victimes du naufrage de l'Estonia en 1994. Plus de 900 personnes sont décédées lorsque le traversier en route pour Stockholm a coulé. C'est aujourd'hui la pire tragédie maritime européenne en temps de paix.

Puis à 17h30 j'ai pris le traversier pour retourner à Helsinki. Nouveau passage à la douane estonienne et finlandaise et nouvelles estampes dans le passeport. J'ai les jambes mortes. J'ai bien fait 20 kilomètres aujourd'hui.


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Dernière mise à jour : 30 avril 2004 18:11